Qui suis-je ?

Mushishi zoku shou – Shiver

Pour vous connaître il est encore une fois nécessaire que vous soyez votre propre et seule autorité. Il n’y a ici ni maître ni disciple, si ce n’est en vous et concernant les deux termes. Peut-être allez-vous vous sentir seul de n’avoir personne sur qui compter. Mais pourquoi avoir peur de cette solitude ? Vous avez enfin l’occasion d’être avec vous-même, profitez de cet instant pour prendre un maximum de place dans votre être, habitez votre corps et votre esprit, rejetez ce que l’on vous a appris et ces pseudos réalités.

Vous sentez-vous encore mal ? Pourquoi cela ? Qu’est-ce donc que cette liste de défauts que vous me mettez sous les yeux, ou est le problème quant au fait d’être égoïste, angoissé et laid ? C’est votre réalité, votre perception des choses, osez la remettre en question. N’est-ce pas ici encore une autorité qui vous fait dire que vous êtes ces défauts et qualités ?

Vous n’êtes rien, tout comme moi actuellement. Alors pourquoi poser des adjectifs sur rien, c’est étonnant tout de même. Ces mots ne sont là que pour catégoriser et rendre statique ce qui se veut mouvant. Il est gros, elle est faible, il est désagréable, elle est stupide. Voyez comme ces catégorisations de bas étage ne font rien à part vouloir enfermer une partie des formes mouvantes que sont les êtres dans des petites boîtes. Mais ces mêmes êtres sont bien contents d’avoir toutes ces boîtes et d’en faire partie, cela leur permet d’avoir l’esprit plus clair se disent-ils. Il est après tout rassurant de « savoir » que ma collègue est moche et mon patron sans humour. Mais que cela ne vous arrête pas dans votre mouvance, vous savez maintenant que tout ceci n’est que le mensonge d’un monde statique dans lequel vous n’êtes plus. Et pourtant vous n’êtes pas seuls, ces gens ne sont ni en-dessous ni au-dessus de vous, il serait malsain d’en arriver là alors que je souhaite vous faire comprendre que oui, vous n’êtes rien mais comme tous ces êtres moi y compris. Finalement nous sommes tous dans une même réalité, nous nous débattons chaque jour pour essayer de vivre au mieux, vous n’êtes ni fou ni illuminé. Vous n’êtes qu’ici à lire mes mots et vous réfléchissez.

Vous faites partie d’un tout et ne pouvez exister seul. Si vous souhaitez définir votre propre personne il sera nécessaire de garder cela en tête. Aucun être ni même objet ne peut subsister sans son environnement. À partir du moment où vous exister, c’est dans un monde. De même que si vous êtes seul en pleine forêt, vous interagirez avec les êtres vivants tout autour de vous. Voilà pourquoi exister isolé est possible.
Mais si nous nous étudions, devons nous garder notre passé et l’étudier aussi, imaginer notre futur ? Seul le présent compte, l’instant t. Pour enfin savoir qui vous êtes et votre réalité, libérez votre être de votre passé et potentiel futur, vous ne pouvez être que dans le présent, maintenant. Qu’êtes-vous actuellement, non pas il y a 30s en lisant ma phrase précédente mais ici et maintenant. Voyez, à peine vous y songez qu’il est déjà trop tard, voilà pourquoi vous ne puissiez décrire une personne dans son exactitude avant que celle-ci est changé.

À peine êtes-vous entrain de vous poser la question que votre « moi » s’est transformé. Je vous avais prévenu, la réalité n’est jamais statique, vous comprenez peut-être mieux aujourd’hui pourquoi vous ne pouvez lui courir après, ou alors vous le ferez indéfiniment sans jamais l’atteindre.

En raisonnant ainsi nous pouvons imaginer que le processus d’apprentissage ou de compréhension de soi-même n’est en aucun cas une accumulation de connaissance. Quelle est ma couleur préférée, l’animal qui me tient à cœur, mon chiffre favori. Vous créez des cases avec vos préférences sur les étiquettes et vous essayez de vous y tenir. Peut-être avez-vous peur de décevoir votre entourage en changeant d’avis constamment, à moins que vous ne copiez ce dernier qui semble si immobile et peut-être rassurant. La peur de l’inconnu nous la connaissons tous, nous pouvons l’analyser et raisonner mais elle a pourtant encore aujourd’hui un tel effet sur nous.

Que vous soyez un homme ou une femme, avec des qualités ou des défauts mais aussi des goûts. Tout ceci appartient au passé, voilà pourquoi vous n’êtes rien à cet l’instant. Ce que vous pensez et qui vous définissent n’est en rien une réalité, si ce n’est votre réalité au moment où vous avez songé à ce que vous allez dire. Il est même fort probable que lorsque vos mots sont sortis de votre bouche cette réalité avait déjà changé. Le passé est malheureusement quelque chose de vénéré aujourd’hui. L’érudition est quelque chose de respecté, mais elle appartient au passé. Je ne parle évidemment pas de science ou l’acquisition d’une langue ou technique qui demande effectivement l’accumulation de connaissance et mémoire. Il serait idiot de devoir remettre en question sans cesse tout ceci sinon je ne serai pas là entrain de vous écrire.

Non loin de là, mon idée ici est de vivre en mouvement, suivre les êtres et la réalité. Vous avez vu juste, « suivre » n’est pas le bon terme. il suffit de vivre avec.

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