Comment tout a commencé [part 2]

Dungeon keeper – The horned reaper

Les prêtres psalmodient, le bruit des sabots se fait entendre, l’enseigne d’une taverne normée « Bullfrog » grince. L’excitation monte, je regarde l’heure « 14h06 » j’ai 4h de jeu qui m’attendent. La cinématique de Dungeon Keeper je la déguste, me dandine sur la chaise de bureau trop grande pour moi, admire la jacquet de la boîte de jeu. Mais qu’est-ce que ça veut dire « Dungeon Keeper » ? Bof, peu importe, je suis là pour élever mes créatures, les faire s’entraîner, les nourrir pour anéantir toute trace d’humanité !

Fin de la cinématique, un peu de sang a coulé, une décapitation nette et précise, ces images ne me font plus rien. La page de chargement, elle, me fait beaucoup plus d’effet. Un disque enflammé en forme d’œil. Le jeu va-t-il bugué ? va-t-il se lancé ? Joie ! Il se lance et me voici dans le menu, prête à démarrer une nouvelle partie.

La voix off, si masculine et grave me réconforte. Elle est là pour me guider durant mes premiers pas dans ce jeu. Mais j’ai déjà de nombreuses heures à mon actif, en tant que spectatrice certes, mais de nombreuses quand même ! Je connais déjà toutes les salles, comment creuser dans la pierre, faire attention aux lutins qui glandouillent au lieu de travailler, chercher de l’or pour payer mes bien aimées créatures. Oh, une mouche vient d’arriver dans mon donjon, ce n’est pas la créature la plus puissante certes, nous pouvons même dire que c’est la plus faible mais soit, j’accepte, la chouchoute, lui offre un nid douillet et m’agace quelque peu qu’elle n’arrête pas de vouloir tout découvrir quitte à aller se suicider sur le premier ennemi.

Les minutes passent, puis les heures. J’ai pris tout mon temps pour ce premier tableau, je l’ai dégusté lui aussi, tout autant que la cinématique et sa musique qui n’était probablement pas de mon âge à cette époque. Et bien que voulez-vous ? Je trouvais ça normal de jouer à ce genre de jeu, j’avais bien en stock un jeu de mon âge mais il ne m’intéressait plus, j’avais créé ma chambre, joué à quelques mini-jeux, jeté un rapide coup d’oeil sur les leçons du jour et cliqué de suite sur « quitter ». Non définitivement je préférais Dungeon Keeper.

Le lendemain je pensais aux futures parties, aux histoires que ce jeu allait me raconter, aux créatures qui viendront m’accompagner dans ces nouveaux mondes. Alors que la sonnerie retentait nous discutions dans la cours de récré avec quelques amies. « Et si on faisait le jeu du chat et de la souris ? » Et j’ai eu une idée, j’étais tout excitée à l’idée de pouvoir rapporter mon histoire à un jeu de récréation : « ça vous dit qu’on change les personnages ? On pourrait appeler ça, le jeu du dragon et des gobelins ». Et voilà, elles étaient toutes hype de tester cette nouvelle façon de fuir le chat, enfin le dragon. Finalement rien ne changeait à part les noms, mais j’étais toute fière de moi !

Personne ne me demandait d’où je tirais cette imagination, il n’est pas commun qu’en tant qu’élève de CE1 je sorte des mots comme « gobelin », « le grand cornu » ou « gros bileux ». Mais les critiques n’allaient pas tarder, et j’allais en faire ma marque de fabrique.

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